COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L'artiste portatif
Un projet de Daniela Franco

Exposition collective à l'Instituto de México à Paris
Du 28 février au 3 mai 2003.
Vernissage (avec une performance de Vinçent+Feria) : le jeudi 27 février 2003 de 18h à 20h.
Conférence " Paris ne finit jamais " de Enrique Vila-Matas : le lundi 3 mars 2003 à 19h.
Performance de Natalia Blanch et Wilson Díaz : le jeudi 6 mars 2003 à 19h.

LES ARTISTES
Les artistes exposés ont des parcours aussi variés que leurs nationalités. Måns Wrange est l'auteur du projet The average citizen, qui fait actuellement le tour du monde ; Böl, jeune artiste-génie-ermite, commence sa carrière ; alors que Joachim Koester, est un artiste danois déjà consacré ; Matmos est un groupe de musique électronique connu pour ses collaborations avec Björk ; le collectif sui generis Ediciones el chino est constitué d'artistes originaires de Guadalajara ; Fernando Palomar et Agustín Solórzano sont les représentants de la nouvelle génération d'artistes mexicains hors du mainstream ; Erla Haraldsdóttir est l'une des artistes les plus emblématiques de l'art contemporain islandais ; Vincent + Feria organisent depuis des années des performances gastronomiques ; Natalia Blanch est une jeune artiste performer argentine qui, pour cette exposition, collabore avec le poète Guillermo Daghero ; le groupe islandais Sigur Rós, qui collabore avec Floria Sigismondi, réalisatrice des clips de David Bowie et de Marilyn Manson, enfin Wilson Díaz, artiste colombien qui conclut avec cette exposition un fructueux séjour en résidence artistique à Paris.

L'EXPOSITION
Le titre et une partie de la thématique développée dans cette exposition sont inspirés de " la société secrète des portatifs " (appelée aussi : conspiration Shandy). Fondée en 1924 en Afrique, elle compte parmi ses membres Walter Benjamin, Marcel Duchamp, Federico García Lorca ou encore John Scott Fitzgerald. Dans son Abrégé de l'histoire de la littérature portative, Enrique Vila-Matas rappelle les conditions d'admission dans cette société portative : une haute dose de folie (ce qui n'est pas forcément indispensable pour cette exposition), une absence d'ambition, de l'insolence, une relation tendue avec le double, de la sympathie pour la négritude et un nomadisme infatigable. Dernière condition : les œuvres de chacun des membres doivent être portatives, c'est-à-dire légères et facilement transportables dans une petite mallette.

À une époque où chaque artiste voyage avec son ordinateur portable, telle la boîte-en-valise de Duchamp, les références à la " portativité " se modifient. Les manières d'assembler, le faites-le vous-même, Ikea, la valise diplomatique, la possibilité - par procédé numérique - de condenser le contenu d'une vidéo, voire d'une exposition toute entière, dans un CD-Rom, constituent les nouvelles références de l'art portatif, semi-jetable. Le spectateur désorienté ne dira plus " tout le monde peut le faire " mais " tout le monde peut l'assembler ".

Ainsi, les artistes ont été invités à envoyer une œuvre dont les éléments pourraient parvenir à Paris dans une caisse. Ses dimensions ne doivent pas excéder 50X30X30 cm et son poids maximum de 15 kg (ces mesures étant légèrement négociables). Toutefois, une fois assemblée, l'œuvre peut avoir n'importe quelle taille.
Évidemment les œuvres proposées résolvent de façon ingénieuse la contrainte d´être portatives mais surtout transfèrent la condition de portativité du côté de l'artiste plutôt que de l'œuvre elle-même.

Le catalogue de L'artiste portatif, qui sera bien entendu à assembler, contient un texte inédit de l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas et les instructions des artistes pour que chacun puisse aisément reproduire les œuvres à domicile.
D'après Vila-Matas, devinant les mots de Duchamp : " l'artiste portatif, ou ce qui revient au même, celui que l'on peut tranquillement amener n'importe où.