Présentation

Communiqué de presse

Exposition

 

Xe Salon d'art Bancomer. ArtéFACTS

Commissaires : José Luis Barrios, Sylvia Navarrete et José Manuel Springer

Artistes : Eduardo Abaroa, Carlos Aguirre, Marcelo Balzaretti, Enrique Bordes Mangel, César Flores, Graciela Fuentes, Fernando García Ponce, Alfredo Gavaldón, Máximo González, Enrique Ježik, Carlos Jurado, Perla Krauze, Marta Palau et Carla Rippey

Les sculptures d'Eduardo Abaroa (Mexico, 1968) partent du ludisme en tant qu'élément distinctif de la culture visuelle contemporaine. Les dauphins perçus comme des animaux joueurs et intelligents. Cette dernière qualité a été utilisée par l'armée américaine à des fins d'espionnage ou de surveillance. Avec l'humour qui le caractérise, Abaroa nous propose des prototypes de dauphins destinés à accomplir des tâches diverses, comme nettoyer les océans de substances polluantes (détergents), ou encore des jouets espions équipés de caméras qui bougent mais n'enregistrent rien.

La ceinture sans titre de Carlos Aguirre (Acapulco, 1948) est une pièce chargée d'humour noir. En reprenant une ancienne technique de bourrellerie et de broderie, l'artiste crée une parodie du discours politique de Vicente Fox, alors candidat à la présidence, qui a affirmé que les problèmes et les décisions pour les résoudre devaient être affrontés aujourd'hui (HOY). Aguirre se sert de la proximité phonétique entre ce mot en espagnol et le couinement du porc pour donner un sens ironique aux promesses non tenues.

 

Depuis des années, l'œuvre de Carlos Aguirre (Acapulco, 1948) se sert de la métaphore et de l'allégorie pour se référer à des informations parues dans la presse concernant des sujets politiques et militaires. La manipulation de l'information visuelle est au cœur de son travail artistique. Ici, Carlos Aguirre reproduit les noms des soldats américains tombés lors de l'invasion de l'Irak. Ces noms remplacent sur une carte des Etat-Unis les noms de villes et de villages, une façon de rappeler le coût humain du conflit militaire, et de permettre au public de se faire une idée visuelle du nombre de victimes.

 

Le travail de Marcelo Balzaretti (Mexico, 1971) se fonde sur la reprise d'une ancienne technique d'impression japonaise du nom de Giotaku. Celle-ci consiste à encrer des poissons et à en faire des estampes. Après avoir réalisé des impressions d'un même poisson à plusieurs stades d'encrage, Balzaretti les photographie l'une après l'autre et les reproduit de manière continue, de façon à créer la sensation de vie et de mouvement que l'on perçoit dans les vidéos. Il s'agit là d'une manière optique de donner l'idée du mouvement à partir d'une image statique.

 

Enrique Bordes Mangel (Mexico, 1922), journaliste photographe, a couvert des décennies durant les faits quotidiens de la ville. Sa lentille a capté des moments historiques, comme les manifestations de médecins dans les années 50 et celles des étudiants en 1968. Son œuvre témoigne de la vraisemblance et du caractère descriptif de la photo qui, à partir du photojournalisme, est devenue une arme de dénonciation, et constitue aujourd'hui un outil précieux de connaissance historique.

 

Pour ses photographies de paysages citadins, César Flores (Mexico, 1972) fait appel à des appareils fabriqués à la main et dénués de lentille. Ces clichés sont le fruit d'une exposition prolongée, lui permettant de capter des tons de lumière leur prêtant une certaine expressivité du réel. Son regard sur la ville nous renvoie à l'environnement urbain des films muets du début du XXe siècle. Dans ces images, l'on peut observer comment le monde réel se transforme en allégories.

 

Graciela Fuentes (Monterrey, 1975) s'intéresse de près à la façon dont une image se projette sur une surface. Cette artiste propose de lire l'image à partir de l'endroit où elle s'inscrit ou atterrit. Landing (Atterrissage) est un exemple de la façon dont le sens de l'image est modifié lorsque celle-ci est projetée sur un morceau de terre.
A l'intersection de la photo et de la peinture, Fernando García Ponce (Mérida, 1933 - Mexico, 1987) réalise l'une des œuvres les plus représentatives de la rupture postmoderne. Son travail efface les limites entre l'image peinte et photographiée, et, à partir du collage, il crée un palimpseste où se superposent l'architecture, l'image imprimée et le geste pictural.
Située à mi-chemin entre le microcosme et le macrocosme, les sculptures et les dessins d'Alfredo Gavaldón nous placent entre les deux extrêmes de la vision et du sens des choses. D'un côté, ses sculptures explorent des matériaux manuels d'une grande plasticité ; de l'autre, nous sommes confrontés à des formes reflétant l'intérieur du corps humain ou les mouvements stellaires de l'univers. Le travail de Gavaldón fait appel aux possibilités infinies des techniques manuelles, en vue de créer des métaphores visant à appréhender les confins du réel.
En prenant comme base le travail manuel des artisans qui réalisent ces bancs traditionnels en bois, Máximo González (Argentine, 1951) établit un rapport entre le design artisanal et le design de mobilier contemporain en enfermant un banc dans une boîte en acrylique ultra résistante. Le rapport conteneur - contenu rappelle des techniques de marketing largement répandues de nos jours, en vertu desquelles l'emballage du produit a autant d'importance que le produit en soi.

Máximo González (Argentine, 1951). A Mexico les manifestations de rues sont devenues un fait quotidien. Qu'il s'agisse d'enseignants mécontents, d'indigènes outragés ou de chauffeurs de taxi lésés par la loi, les défilés remplissent les avenues principales de la ville avec leurs banderoles et leurs requêtes multicolores inscrites sur des bouts de tissu. Máximo González s'est inspiré des manifestations pour souligner leur côté festif, et permettre de nouvelles lectures des symboles traditionnels. Les billets de banque dont il se sert symbolisent l'héritage historique et artistique. Un texte du roi poète préhispanique Nezahualcóyotl a été imprimé sur les billets de cent pesos. L'œuvre de Máximo montre comment le papier monnaie devient le véhicule d'une interprétation de l'histoire ainsi que d'une esthétique, laquelle est associée aux mouvements sociaux contemporains.

 

 

Trois éléments reviennent constamment dans le travail d'Enrique Ježik (Argentine, 1961), à savoir la violence, l'insécurité et l'affrontement. Il se sert de machines industrielles pour montrer l'usage qui est fait de la technologie pour reproduire des actes violents.

 

Carlos Jurado (Chiapas, 1927) fait ses premières expérimentations dans le champ de la photo à l'aide de sténopés dénués de lentilles, qu'il a lui-même fabriqués. Ses photos ont un caractère primitif, elles nous montrent comment voit l'œil humain ; de ce fait, elles sont plus réelles que les images produites aujourd'hui grâce aux systèmes numériques sophistiqués.

 

L'œuvre de Perla Krauze (Mexico, 1953) prend pour modèle une pierre naturelle, reproduite à l'aide de matériaux artificiels. Cette pièce nous renvoie à l'utilisation d'une technique manuelle pour modifier notre perception du naturel, lorsque celui-ci est transformé en objet esthétique. Dans cette installation, l'on peut constater le dialogue qui s'instaure entre les qualités de la matière et la transformation opérée par l'artiste en vue de la doter d'une expressivité subtile.

 

L'installation de Marta Palau (Espagne, 1934) fait référence au mur marquant la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. On y retrouve inscrits les signes et les symboles montrant l'absurdité et la porosité de la culture, qui ne connaît ni frontières ni limites physiques.
Carla Rippey (Kansas, 1950) a fait de la gravure un terrain d'exploration de l'image et de l'histoire. Ses reconstructions d'imaginaires à partir de photographies ethnologiques et anthropologiques barrées de fil cousu reprennent l'histoire de groupes autochtones du nord et du sud de l'Amérique, presque tous massacrés par les colons européens au début du XXe siècle. Son travail nous montre l'intervention photographique comme un outil de lecture d'une histoire encore aujourd'hui cachée ou ignorée.